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Comment agir pour le bien d'autrui ?

Comment agir pour le bien d'autrui ?

On pourrait répondre à cette question par un mot complexe : l'infantilisation. Mais que veut dire ce terme ? Qu'est-ce qu'il implique ? Pourquoi l'utiliser ?

Découpons ce terme afin de mieux le comprendre : 

- "Infant" : c'est un nom issu du latin "infans" qui signifie bébé. L'infantilisation est donc la manière de percevoir quelqu'un comme un bébé. C'est un terme qui est utilisé parfois dans le langage courant lorsque l'on parle de l'"infantilisation des adultes". Mais c'est également remettre en cause l'indépendance et l'autonomie d'une personne qui éprouve des difficultés. 

Lorsqu'une personne ne semble plus capable de s'occuper d'elle-même sans aide, elle est prise en charge par la famille ou le corps médical. On en parle parfois pour les personnes âgées mais également pour les adultes handicapés avec une déficience intellectuelle. On va alors agir "pour son bien"

La question n'est pas seulement de savoir comment agir pour autrui mais également dans quel but ? Est-ce réellement pour l'aider ou pour la manipuler ? Lorsqu'une personne est fragile, n'est plus capable ou peu capable de donner son avis pour des éléments complexes de notre administration ou de son soin, comment faire pour l'aider à mieux comprendre et à quand même être maitre de ses décisions ?

On parle d'adaptation des contenus d'informations pour qu'ils soient accessibles à tous. Si les personnes comprennent, elles peuvent alors avoir des difficultés à donner leur avis. On va alors parler d'adaptation technique. Elles peuvent s'exprimer par la parole si elles en sont capables, mais elles peuvent aussi s'exprimer par des adaptations technologiques, par des pictogrammes ou grâce à l'impulsivité de leurs émotions.

Mais que faire de leurs réponses si elles sont contraires à ceux qui savent et qui sont aptes à prendre les décisions techniques qui s'imposent ? L'exemple que l'on a tous en tête est celui d'une personne qui est clouée sur un lit d'hôpital, qui ne peut bouger que ses yeux, mais qui conserve toutes ses capacités mentales. Imaginons un instant que cette personne ne désire plus vivre dans ces conditions et refuse tous les soins qu'on lui propose. Comment faire pour l'accompagner ou pas dans sa démarche ?

En France, nous n'avons pas le droit d'agir contre la décision du malade. Mais imaginons un instant que cette personne perde cette seule faculté de communication par les yeux. Une personne de confiance sera désignée et sera apte à prendre des décisions à sa place... que va-t-elle faire ?

Nous avons pris un exemple frappant pour que tout le monde puisse comprendre la logique qu'il y a derrière la prise en charge d'autrui afin d'agir "pour son bien". Mais un autre exemple apporte un éclairage différent mais tout autant frappant. Une femme qui a une trisomie 21 avec une déficience intellectuelle, elle a eu des relations avec un autre résident de l'ESAT. Elle tombe enceinte, mais ce n'est pas la première fois. Toutes les autres fois, elle a avorté son enfant. Mais cette fois, elle décide de le garder. Le médecin qui la suit la reçoit et va alors tenter de la convaincre qu'il "faut" qu'elle avorte. Elle essaie de la "responsabiliser". Mais la patiente refuse obstinément. 

Le problème se pose à nouveau : comment savoir si on agit réellement pour le bien de la personne que l'on a en face de nous ? Sous le prétexte que la personne a des difficultés à comprendre ou à communiquer, sommes-nous en droit de lui imposer un choix ? La seule chose dont nous sommes capables, c'est de lui donner les moyens d'agir en toute connaissance de cause, de l'informer. Mais encore faut-il l'informer sans juger et sans apriori...

 

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Jérôme Jouret


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