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Si vous n'êtes pas en fauteuil roulant... vous n'êtes pas handicapé.

Si vous n'êtes pas en fauteuil roulant... vous n'êtes pas handicapé.

Le handicap est une notion fourre-tout du fait de ses multiples définitions. Lorsqu'on tente de le définir d'une manière claire, on se retrouve souvent confronté au fait suivant : que doit-on englober lorsque l'on parle de handicap ? Voilà pourquoi la loi du 11 février 2005 parle de "limitation d'activité". L'évolution et la modernisation de notre quotidien impliquent une compréhension de plus en plus complexe de ce qui nous entoure. 

Une personne qui ne sait pas lire, qui parle une autre langue est limitée dans ses activités, et en ce sens elle est "handicapée". Mais la modernisation implique également une grande simplification de toutes les tâches. On paye par un simple contact de notre carte bancaire, sans avoir réellement conscience de dépenser son argent. Certaines activités sont favorisées et simplifiées, mais d'autres restent relativement complexes. C'est à se demander si ce n'est pas fait exprès.

En effet, il y a une différence entre chercher l'information par soi-même et regarder le journal télévisé tous les soirs. D'un côté il y a une démarche active et de l'autre une démarche passive. Plus on est passif dans notre activité, plus il est simple de faire passer les messages. On lit sans réagir, on regarde des atrocités en mangeant de la soupe d'une manière tout à fait automatique.

L'exemple que je prends la plupart du temps est celui des personnes handicapées qui vont voter et qui souhaitent accéder aux informations et aux programmes pour voter en pleine connaissance de cause. Cette expérience me vient d'un débat avec des personnes porteuses de trisomie un samedi matin. On cherchait alors qui dans leurs programmes accordait une place aux travailleurs handicapés.

La première chose qui nous a frappés était l'inaccessibilité des programmes écrits trop petits, sans explication, sans exemple et encore moins explicites que des publicités. Et surtout, nul n'en parlait. Beaucoup de candidats parlaient d'immigration, d'exclusion, mais les immigrés ne sont pas seulement les étrangers d'un autre pays. Car on peut être étranger à son propre pays, aux lois qui nous gouvernent. On sait pourtant les avantages que cela procure de rendre les choses accessibles aux personnes les plus fragiles.

L'exemple de la télécommande est le plus frappant. Elle a été inventée pour les personnes à mobilité réduite, pourtant qui pourrait s'en passer maintenant ? Qui se lèverait pour appuyer sur le bouton de la télévision qui est placée derrière l'écran et souvent peu accessible ? Peu de personnes...

Voilà pourquoi je parle de handicap social. Parce que généralement la première vision que l'on a du handicap est celle d'un fauteuil roulant ou d'une personne trisomique. Alors on créait des places spécifiques et accessibles, on libère des espaces dans les bus, les trams. Alors, lorsqu'une personne schizophrène ou en dépression profonde arrive devant le panneau des toilettes où le fameux logo est représenté est indiqué, va-t-elle entrer ? Une personne qui ne sait pas lire ou ne peut pas le faire va-t-elle voter alors qu'elle ne comprend pas et que cela ne semble pas la concerner ?

C'est vrai, on pourrait même parfois se poser la question de savoir si le handicap est un nouveau genre lorsqu'on se retrouve dans des toilettes publiques. Il y a les hommes, les femmes et les handicapés. Voilà ce qu'implique la simplification. À force de trop simplifier, on oublie parfois le processus de compréhension qui est derrière. C'est vrai, on n’a pas le temps de comprendre, il nous faut agir tout de suite, par automatisme. Et ce qui ne peut pas répondre est en retard, un retard mental. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

 

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Jérôme Jouret


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