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Les parcours scolaires et professionnels des personnes en situation de handicap

Les parcours scolaires et professionnels des personnes en situation de handicap

De nombreux articles sur ce blog traitent de scolarité adapté, de milieux protégés, d'établissements de service et d'aide au travail, d'accompagnement et d'orientation. Mais quelle est la volonté qui est derrière tout ça ?

Avoir un handicap inscrit la personne dans une vie sociale, familliale et professionnelle différente, dans des parcours et des chemins qui semblent rigides. J'entends souvent certains parents qui parlent de parcours du combattant pour faire valoir les droits de leurs enfants. 

L'inclusion scolaire est une notion "fourre-tout" qui a été détourné peu à peu de son objectif initial. De ce fait, il est parfois difficile de savoir si on agit pour le bien de son enfant ou pour son propre bien. L'inclusion ne doit pas être vu comme une obligation, mais comme un outil qui permet une bonne intégration sociale et professionnelle.

Et avant de parler d'inclusion, il faut trouver les moyens de la rendre possible, parce qu'actuellement les difficultés sont là. Les parents d'enfants en situation de handicap deviennent des experts de la prise en charge de leurs enfants et dés que ceux ci se retrouvent à la maternelle, confronté à d'autres élèves, c'est à l'enseignant de se débrouiller. 

Il existe alors une peur latente de l'enseignant de ne pas être en mesure de réagir. il n'est pas assez formé, il n'a pas les compétences, ni les connaissances nécessaires à la prise en charge de l'enfant. Une tension apparaît alors entre les enseignants débordés et les parents mécontents et l'enfant en est souvent la principale victime.

Le système scolaire n'est pas prêt pour l'inclusion telle qu'elle est pensée aujourd'hui car tous les moyens ne sont pas mis en œuvre pour favoriser une bonne intégration de l'enfant, quel que soit son handicap, quel que soit les difficultés qu'il rencontre.

Le parcours qu'il va suivre va dépendre entièrement dés premières décisions qui seront prises au début de sa scolarité. Mais qui prend la décision ? C'est normalement une concertation entre l'enseignant et les parents, mais comment faire lorsqu'il existe une tension entre ces deux parties ? Les parents veulent que leur enfant ait une scolarité normale, dans une école normale pour qu'il ait une vie professionnelle, sociale et personnelle épanouie. L'enseignant ne veut pas une trop grosse disparité de niveaux dans sa classe, de peur de laisser les enfants en difficulté trop en retrait par rapport aux autres. L'un veut une scolarité normale, l'autre veut une scolarité adaptée, mais lorsque l'enfant prend la voie de la scolarité adaptée, il n'y a pas de retour en arrière possible. Il y a des aménagements possibles en ULIS, au collège et au lycée, mais une fois encore, ces aménagements sont une source d'angoisse pour les enseignants.

Les représentations sociales, les à priori sur les enfants vont avoir un impact direct sur la prise en charge scolaire de l'enfant. Un enseignant n'agira pas de la même manière s'il se retrouve en face d'un  collégien qui vient en ULIS et un collégien qui n'en fait pas partie. Les élèves entre eux n'agiront pas pareil et l'inclusion sera mise en échec.

On parle souvent de l'importance des catégories socio-professionnelles des parents qui on un impact sur les représentation sociales des enseignants envers leurs élèves, mais il existe une autre catégorie : médico-scolaire.

L'adaptation n'est pas une discrimination, le handicap n'est pas une dévalorisation ou défaillance comme on en a l'image. Déposséder un enfant ou un adulte de son handicap, c'est lui enlever une partie de son identité, c'est lui retirer sa différence pour esquisser de lui un portrait plus ou moins normal.

Mais quelques années après, en ESAT, en IMPro ou en Entreprise adaptée, c'est la même chose. Il existe un décallage entre le milieu ordinaire et le milieu adapté. Les stages des travailleurs d'ESAT sont nombreux en entreprise, mais les embauches ne suivent pas cette dynamique, car il ne resterait plus personne en ESAT. L'ESAT est un tremplin, un établissement, pas une entreprise.

Certains travailleurs préfèrent travailler toute leur vie à l'ESAT parce que le monde ordinaire de travail est terrifiant. Mais d'autres souhaiteraient tenter l'aventure, tout faire pour entre en entreprise et y rester. Mais quand on est travailleur d'ESAT, on a une étiquette discriminante, dévalorisante de "travailleur handicapé".

Alors d'un côté, les représentations sociales du handicap font partie de l'identité du travailleur, mais elles font également partie d'un lourd bagage à porter derrière soi. Tout ça parce que le handicap est défini autour de la défaillance et non pas de la différence.

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Jérôme Jouret


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