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Responsabilité et pluridisciplinarité

Responsabilité et pluridisciplinarité

Les médecins travaillent autour du diagnostic, de l'accompagnement médical, de la recherche de nouveaux traitements, mais ils interviennent également en partenariat avec les parents et des futures mères qui ont un enfant avec un handicap à la naissance : trisomie 21 par exemple.

 

Le choix ne leur appartient pas de savoir si l'enfant a le droit de vivre ou non, d'où l'importance du suivi médical, des explications données aux parents parce que ce sont eux qui auront une décision à prendre. 

 

La pluridisciplinarité commence ici, entre les professionnels et les accompagnants. Mais cette coopération et cette interdépendance ne sont pas faciles à considérer et à accepter, car parfois, on aimerait que la décision finale ne nous revienne pas et que l'on ne soit pas les seuls responsables de notre décision. Il nous faut toujours rejeter la faute sur quelqu'un d'extérieur à nous parce qu'il est difficile d'assumer l'entière responsabilité de nos actes.

 

On a alors tendance à s'en remettre à la décision des experts, de ceux qui détiennent le savoir scientifique adapté. Tout comme les anciens en Grèce antique qui lors des ordalies remettaient le destin des enfants difformes dans les mains des Dieux. 

 

Tout comme les parents d'enfants difformes qui abandonnaient leur enfant au centre d'une rue bondée pour ne pas être responsables du destin funeste de leurs enfants. Travailler avec des experts d'un autre domaine, c'est un risque d'intrusion professionnelle, d'empiétement sur son territoire, sur son groupe, voilà pourquoi il est difficile de travailler sur la prise en charge des personnes en situation de handicap.

 

Parce que la définition même du handicap n'est pas claire, parce que ce n'est pas une notion, mais un processus dynamique qui évolue en fonction du changement des sociétés, des époques et des cultures. "Mon enfant va à l'école ordinaire ?", c'était le titre d'un article que j'ai déjà posté sur ce blog met en évidence cette obligation de coopérer, parce que derrière il y a une obligation de scolariser les enfants en situation de handicap dans le milieu ordinaire.

 

Cette volonté d'inclusion est essentielle, mais encore faut-il qu'elle soit bien préparée, parce que l'arrivée d'un enfant à besoin éducatif particulier est parfois vécue comme un obstacle à l'enseignement ordinaire et une remise en cause des pratiques enseignantes. Les enseignements ne sont pas faits pour l'inclusion scolaire, les enseignants ne sont pas formés pour l'inclusion scolaire ce qui entraîne un décalage. 

Et alors que derrière l'inclusion il y a la notion de pluridisciplinarité. L'enseignement n'est pas prêt à la pluridisciplinarité. L'expertise n'est plus alors un des éléments clés de l'enseignement, c'est l'adaptation, c'est la formation continue, c'est l'innovation pédagogique.

 

Au fil des mois, des années, ce décalage s'accentue et finalement l'enfant se retrouve en milieu adapté s'il n'y a pas derrière cette volonté de travailler de manière coordonnée et réfléchie. 

 

Alors pour qu'il y ait inclusion scolaire, ou professionnelle, il faut qu'il y ait une prise en charge réfléchie et qui a pour objectif une recherche de la pluridisciplinarité, que ce soit entre le milieu médical, le milieu associatif, le milieu professionnel, le milieu scolaire et le milieu de l'orientation.

 

Cela fait beaucoup de champs professionnels et de groupes professionnels à prendre en compte, mais c'est par le biais de cette interdépendance que l'on pourra effectivement parler d'inclusion.

 

 

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Jérôme Jouret


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