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Héros du médico-social

Héros du médico-social

Récemment, je me suis posé la question de savoir pourquoi je faisais une thèse et plus encore pourquoi est-ce que mon sujet principal concernait les parcours de formation des travailleurs handicapés. C'était là le projet initial de ma recherche, celle qui a conditionné mon avancement actuel. J'ai une licence de psychologie, un Master 1 de psychopathologie et un M2 de psycho-patho que je n'ai pas validé. Je ne l'ai pas validé pour plusieurs raisons, la première c'est que le mémoire que j'ai rendu en fin de M1 n'était pas valide, et pour ainsi dire, il ne se basait sur aucune donnée et c'était davantage un rapport de stage que j'avais essayé de broder pour trouver et fabriquer des données.

La deuxième raison c'est que la psycho me déprimait, la matière en elle-même est passionnante, mais je m’évertuais à aller contre le courant, contre la rigidité des cours et j'abordais et lisais des thématiques bien loin de ce que l'on m'apprennait en cours. On me parlait de Freud et de Lacan et je préférais Jung et Carl R. Rogers et puis j'ai fais un stage en UCC, en Unité Cognitivo-Comportementale, un centre fermé, avec un code d'accés ou je voyais errer des personnes ayant alzheimer, elles étaient sans but et parfois abandonnées là par une famille qui ne pouvait pas s'en occuper.

J'ai tenté de mieux comprendre ce milieu, mais mon encadrement était trop parcellaire et ma position complexe à tenir, n'étant pas entièrement un psychologue et me voyant plus comme un soutien momentané. Ce stage m'a usé, littéralement et je n'en suis pas sortis indemne car j'ai vu une souffrance humaine que l'on a du mal à comprendre, que l'on tente d’atténuer avec les médicaments, les contentions et la discussion.

Et puis il y a une troisième raison à l'arrêt de mon Master de psychopatho. Malgré les réunions que j'ai pu avoir avec mon ancienne directrice de mémoire, je voulais me détacher de ce milieu ou l'on m'a, pendant des années rabâché cette idée qu'il n'y avait pas de débouchés en psychopatho. Et si je m'étais réellement écouté pendant cette période là, je me serais orienté vers la psychologie sociale ou la neuro-psy.

Tout ça pour arriver à Châlons en Champagne, dans le nord, loin de ma famille, de mes amis et de ma vie d'avant, dans un Master à mi-temps avec des cours du soir, alors que je n'avais rien d'autre à faire dans la journée. C'était un manque d'information de ma part et même si j'ai tenté de reprendre une formation à université de reims en neuro-psy, on ne me l'a pas accordé. J'aurais voulu repartir à zéro, mais j'avais validé mon M1 et je ne pouvais pas en refaire un dans la même discipline.

Mais je continuais à m'accrocher à cette idée de la psychologie et je révisais en parrallèle de mon master à mi-temps le concours des COP (Conseillers d'orientation psychologue).

Nous étions deux étudiants dans ce parcours Handicap et Besoins éducatifs particuliers, les autres étaient à reims et rapidement je me suis retrouvé seul, à suivre les cours en visio-conférence et à me chauffer les doigts en hiver en jouant du piano désacordé et que personne n'avait ouvert depuis des dizaines d'années.

C'est là que j'ai appris à vivre et je ne regrette rien de cette époque, car j'ai compris aprés presque 20 ans d'études à l'école au collège et au lycée que la seule manière d'apprendre c'est de participer et j'étais bien obligé car j'étais parfois en face à face avec l'enseignant ! Cela m'a appris la révolte et la revendication comme outil de réflexion et je me souviens trés bien d'un cours d'un de mes enseignants qui me disait : "Posez leur la question, laissez leur 5 à 10 minute pour réfléchir et attendez les réponses".

J'ai alors appliqué cette maxime lors d'un cours en vision conférence,ou l'enseignant posait cette éternelle question : "Quelle est votre réponse, Châlons ?" et tout naturellement, d'une voix claire je lui répondis : "Donnez-moi 10 minutes et je vous donnerais la réponse". Il ne s'attendait pas à ça, mais il a continué son cours et ne m'a plus jamais posé de question. Voilà comment je suis entré dans la thématique du handicap, par des choix, par un sentiment de justice et d'injustice qu'il me faut encore combattre aujourd'hui et prendre de la distance.

Tout cela pour en venir au titre de cet article, on ne choisit pas le handicap par hasard. Les accompagnants dans le médico-social, dans les institutions de prise en charge sont parfois imprégnés d'une culture du handicap et des stéréotypes qui vont avec et on voit alors l'apparition d'une figure du héros du social, celle ou celui qui a un grand cœur, qui est charitable, plein de bonté, mais le monde du médico-social ne se résume pas à cela...

 

 

 

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Jérôme Jouret


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