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Agir pour les travailleurs handicapés ou agir avec eux ?

Agir pour les travailleurs handicapés ou agir avec eux ?

Cette phrase et cette question revient souvent dans les discussions que j'ai pu avoir avec des personnes en charge de l'accompagnement, des conseillers en insertion professionnelle ou des membres d'associations.


Qu'est-ce que cela veut dire d'agir pour leur bien ? Est-ce que c'est nécessaire ? Comment aider les travailleurs handicapés sans les etouffer ?

Ce sont la des questions centrales lorsque l'on s'intéresse au champ du handicap. Il semble alors important de leur laisser le choix de ce qu'ils préfèrent, d'étudier avec eux leur projet professionnel, leurs formations et leurs besoins spécifiques. Mais parfois, lorsque la personne en situation de handicap ne sait pas ou elle va, ne sait pas quelles sont ses moyens et ne semble pas vouloir prendre une décision, les institutions, la famille vont alors appuyer sur certains points et faire la démarche à la place de la personne. On parle alors de placement, on parle d'usagers. La question de l'identité professionnelle est alors centrale. Sur quelles bases vont-ils se définir ? Qu'est-ce qui va les pousser à aller plus loin si leur parcours adapté ne leur permettent pas une réelle autonomie.

Bien sur, certains établissements vont favoriser la prise de responsabilités, mais ces institutions sont rares et les initiatives ne sont pas à l'ordre du jour. J'entends également souvent : "Cette personne là ne pourra jamais faire un métier ordinaire, elle aura toujours besoin d'être protégée". Voilà pourquoi il est important de bien faire la distinction entre les capacités réelles d'une personne, ses envies, ses besoins et son projet professionnel.

C'est parce qu'un travailleur handicapé sera bien au fait de ses compétences, de ce qu'il peut réaliser, mais également ou se situent les limites de ses compétences qu'il pourra choisir en tout autonomie et toute indépendance sa propre voie.

L'accompagnement est essentiel dans la prise en charge, mais il ne doit pas prendre le pas sur une volonté d'agir au mieux ou à la place. Ce sont ces éléments qui doivent être travaillés. Ils sont la base d'un idéal institutionnel de prise en charge et d'accompagnement. L'accompagnement au quotidien n'est pas aussi simple et fluide qu'il parait. Car le handicap est inscrit politiquement, économiquement et socialement dans notre société et en tant que fait social il est soumis aux normes, à une volonté de rentabilisation et de généralisation.

Il existe de nombreux ESAT qui sont à la limite, qui sont en équilibre perpétuel entre une recherche de rentabilité pour offrir de meilleurs services, de meilleurs postes à leurs travailleur, mais en même temps, cette logique de rentabilité est soumise à la loi du marché et des choix politiques et institutionnels sont fait et qui vont parfois à l'encontre de l'accompagnement et de la prise en charge.

Et avec cette pression institutionnel, certains font le choix d'agir pour le bien de la personne (pour gagner du temps) au lieu d'agir avec la personne (perte de rentabilité, mais gain de confiance et meilleure insertion sociale et professionnelle). Quand on prend le temps d'accompagner individuellement une personne, c'est un choix que l'on fait, car on aurait pu aider 10 personnes, mais pas avec la même efficacité, pas avec la même implication.

Le cas par cas est une situation que l'on retrouve de moins en moins alors que c'est une demande des personnes en situation de handicap. Il existe alors ce que l'on appelle en sociologie une professionnalisation du secteur médico-social, tant au niveau de l’accompagnement que du maintien dans l'emploi ou l'insertion professionnelle.

 

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Jérôme Jouret


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