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Comment mettre en place sa réinsertion professionnelle ?

Comment mettre en place sa réinsertion professionnelle ?

Pour répondre à cette question, je vais m'appuyer sur plusieurs notions : la notion de parcours professionnelle, la notion d'orientation et la notion d'adaptations. L'objectif dans cet article est de mettre en avant dans le champ de l'insertion professionnelle pour les personnes en situation de handicap ou les travailleurs handicapés, tout en sachant également que ce que l'on appelle "la situation de handicap" n'est pas une notion ayant une définition législative et la plupart du temps, on préfèrera, dans le champ professionnel parler de travailleurs handicapés.

Tout d'abord, il est important de différencier l'insertion professionnelle de la réinsertion professionnelle. La réinsertion professionnelle intervient généralement lorsque la personne avait jusqu'à présent un travail et suite à un accident de travail, accident personnel ou maladie va alors se retrouver confronté au handicap et va alors tenter de chercher à nouveau du travail. Alors que l'insertion professionnelle intervient généralement au début du parcours de la personne, n'ayant aucune expérience professionnelle, sortie du milieu scolaire et qui chercher à s'insérer dans le monde professionnel.

Plusieurs options sont alors disponible, suivre la voie classique, c'est à dire passer par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), passer ensuite vers Cap emploi. Ce parcours de recherche d'emploi apporte à la fois sont lot d'avantages mais également sont lot d'inconvénients selon le projet professionnel du travailleur handicapé. La RQTH ( reconnaissance en qualité de travailleur handicapé) permet d'avoir un statut, d'avoir des allocations et d'avoir des aides spécifiques en fonction du handicap rencontré. Sans RQTH, certains poste, certains établissements ou structures professionnelles ne vous accepterons tout simplement pas, les ESAT, les entreprises adaptées par exemple.

Mais c'est également un frein dans l'insertion professionnelle car même si on aimerait vivre dans un monde idéal sans discrimination, certaines entreprises n'acceptent pas de travailleurs handicapés alors que la loi obligent depuis 2005 les entreprises de plus de 50 salariés à embaucher 6% de leur masse salariale en tant que travailleurs handicapés. 

Ce qui fait que certaines personnes ayant une RQTH ne le mentionnent pas dans leur CV, alors que d'autres oui en fonction du poste demandé. Mais un autre frein existe dans cette même logique et qui dépend des représentations sociales que l'on a des travailleurs handicapés ou que les travailleurs handicapés ont à propos des entreprises ordinaires ou des ESAT. Le type de handicap va avoir une influence sur l'envie ou non d'aller en ESAT, en EA ou en entreprises ordinaires. 

L'accident de travail, le handicap acquis au cours de la vie en est un exemple crucial. la personne avait un emploi ordinaire, sans difficultés va se retrouver confronté au champ du handicap d'une manière brutale et va devoir revoir l'intégralité de ses représentations et va d'abord vouloir retrouver un emploi en milieu ordinaire. Parfois, cela sera possible, mais d'autres fois non et elle va alors se retourner vers la MDPH, vers les EA et les ESAT qu'elle aura du mal à accepter, car ne se sentant pas véritablement handicapé. Ce sera un travail sur soi long et délicat, constitué de remises en questions.

Alors qu'une personne qui aura grandis et vécu une grande partie de sa vie avec son handicap aura une autre vision du monde professionnel, les ESAT seront des lieux de protection, d'adaptation alors que le milieu professionnel ordinaire sera un lieu de stress de rythme accéléré et de craintes.

L'insertion professionnelle va alors dépendre des représentations que l'on s'est construit au fil de notre vie.

Et puis, ce qui amène à penser qu'il existe une autre voie, celle de la non reconnaissance, celle qui amène les travailleurs handicapés à ne pas accepter l'orientation donnée par la MDPH, ceux qui souhaitent se débrouiller par eux-mêmes. La population des travailleurs handicapés invisibles, certains vont trouver du travail d'une manière autonome et sans difficultés et d'autres vont penser l'insertion professionnelle d'une autre manière. L'insertion professionnelle est extrêmement liée à une volonté de trouver une utilité dans ce monde, une reconnaissance. Pourquoi penser l'insertion professionnelle comme "être un salarié" " être un travailleur d'ESAT" et pas également "être membre actif d'une association", aider son prochain ?

C'est là également une question qui reste en suspens et à laquelle chacun d'entre nous devrait pouvoir trouver une réponse.

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Jérôme Jouret


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