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La recherche d'équilibre entre accompagnement médico-social et rentabilité au cœur de la prise en charge dans les établissements médico-sociaux

La recherche d'équilibre entre accompagnement médico-social et rentabilité au cœur de la prise en charge dans les établissements médico-sociaux

Le travail est devenu un droit et un lien qui va nous rattacher chacun à la société. Les individus auront des identités professionnelles liées à leur place dans l’entreprise, c’est une forme de reconnaissance sociale. Les travailleurs bénéficient depuis le 1er janvier 2007 du congé de présence parentale et ont accès à certains droits du congé prévus par le Code du travail selon les articles R.243-12 et R-243-13 du CASF :

- congé de 4 jours pour le mariage du travailleur,

- congé de 3 jours pour toute naissance survenue à son foyer,

- congé de deux jours pour le décès d’un conjoint, concubin…

- congé d’un jour pour le mariage d’un enfant,

- congé d’un jour pour le décès des parents, d’un frère ou d’une sœur.

Ces congés nécessitent une justification précise. Dans le champ du handicap, mais aussi dans le domaine de l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap, avoir un travail est un moyen d’être reconnus et valorisés plus facilement dans notre société. Gaëlle Légo (2013) apporte une de ses expériences personnelle dans l’ESAT dans lequel elle intervient. L’établissement a instauré une logique de « nécessité sociale ». Elle vient aussi mettre en évidence le paradoxe suivant : « La rythmicité, la temporalité du sujet et de la gestion ne sont pas compatibles.

Paradoxalement, à l’heure où on nous demande de faire de la « qualité » se multiplient les incitations à produire du résultat par le chiffre aux dépens de la création... » (p.60). Y aurait-il alors une certaine mauvaise représentation du travail effectué par des personnes en situation de handicap ? La valeur du travail est-elle équivalente entre un travailleur en ESAT et un travailleur en milieu ordinaire ? Comment les travailleurs sont-ils reconnus si leur travail est dévalorisé ?

Maintenir l’équilibre entre la rentabilité financière de l’établissement et l’apport éducatif en lien avec le projet individuel de chaque personne semble donc très périlleux, mais nécessaire. Ainsi, on peut faire l’hypothèse qu’il existe des profils d’établissement liés à la présence ou l’absence d’équilibre entre le profit économique et l’accompagnement social. 22 Certaines politiques d’établissement iront donc dans le sens suivant « la productivité avant tout » et d’autres diront « l’accompagnement éducatif et social avant tout ».

Christophe Barret (2012) parle de l’impact des stratégies économiques qui mettront en évidence et développeront les compétences liées aux activités médico-sociales. Ces mêmes compétences qui auront été accentuées grâce à une formation adaptée. L’exemple le plus frappant est celui des formations professionnelles liées à la sécurité et à l’hygiène. Des normes spécifiques sont mises en place dans le cadre des ateliers, mais elles peuvent être appliquées à n’importe quel autre domaine d’activité.

Ces décisions apportent de grands changements dans l’organisation même des établissements. Ils doivent tenter d’adapter leurs objectifs en fonction de leurs budgets. C’est dans cette optique que la productivité semble avoir un impact direct pour la mise en place des formations. Gérard Zribi (2015) l’évoque aussi dans son article et met en évidence le fait qu’il existe encore un débat persistant entre la notion d’aliénation dans le travail en lien avec la rentabilité.

Il parle alors de « tâches professionnelles sans signification » et d’une organisation « excessivement productiviste ». Historiquement, il rappelle l’exploitation des aliénés lors du 19e siècle dans les asiles « une dizaine d’heures par jour, les aliénés accomplissaient des tâches de ménage, de lessive, des travaux à la ferme ». Ainsi pour cet auteur, le travail est lié à la productivité et à la rentabilité, mais dans le champ du handicap il permet d’agir sur des domaines tels que l’estime de soi et le « lien social ».

Gérard Zribi (2015) met en avant l’existence d’une grande diversité de modes de fonctionnement des établissements. Il parle d’entreprises adaptées « véritablement économiques », d’autres à « prédominance éducative », et encore d’autres entreprises qu’il va appeler « mixtes ». Cette mixité n’est en fait que la recherche d’un équilibre entre les deux logiques, soit de rentabilité, soit d’accompagnement éducatif. Guy Niset (2004) décrit néanmoins ce clivage « réducteur » que l’on attribue parfois aux Entreprises Adaptées (ETA), un clivage entre l’aspect social et l’aspect commercial. Pour lui, l’élément central qui caractérise ces établissements est justement lié à une certaine forme de « cohabitation » nécessaire entre cette prétendue « dualité ».

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Jérôme Jouret


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