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Les tensions du médico-social dans les accompagnement vers l'emploi (1)

Les tensions du médico-social dans les accompagnement vers l'emploi (1)

Comment gérer rentabilité et accompagnement médico social ?

 

La tension fondamentale qui existe entre missions d’insertion sociale, professionnelle et les objectifs de production semblent poser quelques difficultés aux salariés et aux travailleurs de ces établissements en termes d’identité professionnelle si l’on reprend la terminologie de Claude Dubard (2015, 5ème éd.). Les salariés sont-ils des travailleurs sociaux ? Les usagers sontils des techniciens spécialisés ? Différents éléments sont alors à mettre en avant : - l’importance du contexte historique de la création des établissements. - leurs politiques de formation (en termes de productivité et/ou en termes de soutien médico-social).

La question de recherche est la suivante : « Comment les tensions organisationnelles des ESAT se traduisent dans les formations des travailleurs handicapés en ESAT ? ». 2.1) Dimension médico-sociale Pierre Amoureux et Philippe Mazereaux (2015) dans le cadre du réseau « Différent et Compétent » parlent de « compétence psychosociale ». Celle-ci peut être comprise d’une manière différente selon la politique de l’établissement dans lequel le travailleur se trouve.

De cela va dépendre alors son estime de soi, l’importance de l’ergonomie de son poste et sa fatigabilité. Toujours dans le versant médico-social, certains établissements ont adopté des optiques de formations différentes et se concentrent plus particulièrement « dans les domaines de la 17 santé, de l’emploi, de la formation, du budget, de l’hygiène, de la famille et des loisirs dans une perspective de renforcement de l’autonomie (Dutrénit, 2007, 2008) » (p.69).

Ces éléments pourraient être regroupés dans la thématique liée à la vie quotidienne du travailleur, au sein de l’établissement, mais aussi en dehors. Néanmoins quand il s’agit de parler d’évaluation de ces compétences, les auteurs de cet article mettent aussi en avant que leur validation dans le cadre d’une activité professionnelle reste extrêmement complexe à mettre en place. Lorsqu’il s’agit de parler des limites d’une approche strictement médico-sociale dans les ESAT, Vincent Cristallini et Françoise Goter-Grivot (2012) décrivent un phénomène complexe lié à l’implication émotionnelle très importante des personnes lorsqu’elles travaillent dans le monde du social ou du médical.

Ils parlent de « rejet » de tout ce qui se rapporte de près ou de loin au monde économique. « Cet état de fait se traduit dans des propos du type « on n’est pas dans une entreprise », « on ne fabrique pas des produits, on travaille sur l’humain », « on n’est pas des machines ». ». Cet exemple permet de relativiser autour de la césure préexistante dans le domaine médico-social lorsque les notions de « management » et de productivité sont abordées.

En même temps, cette « implication émotionnelle » a aussi un autre impact concret dans les relations entre les travailleurs et les moniteurs. Une logique d’infantilisation peut alors émerger dans certaines circonstances. Cette thématique sera abordée plus précisément lors de l’analyse des données. Les ESAT doivent se positionner entre ces deux notions : l’économique et le social. Et ces deux éléments ont souvent été opposés l’un à l’autre. Vincent Cristallini et Françoise GoterGrivot (2012), mettent en évidence une définition assez précise de ces deux notions : « Le social glisse parfois vers la vertu. Il est alors le slogan du bien contre le mal, le qualificatif des nobles idées et de la conscience humaine évoluée. Un homme politique avait ironiquement qualifié cette tendance de « monopole du cœur ».

Le partage est le maître mot des chevaliers blancs du social, auquel répondent par l’utopie les défenseurs de l’économique. […] L’économique comporte lui aussi son lot de représentations. Dans sa version souvent rejetée, il est l’argent, mais surtout la recherche de plus d’argent, et dans son acception la plus exécrée, il s’appelle le profit. Quand il s’agit de l’activité économique de la nation, le mot économie est acceptable, mais dès que l’on parle de la productivité, de la rentabilité, de l’efficience, qui sont des notions économiques, il y a suspicion. » (p.16).

Cette comparaison entre le bien et le mal, 18 le social et l’économique est intéressante, et elle évoque les différentes représentations que l’on peut avoir de ces deux notions. Ce sont là des visions stéréotypées, mais qui peuvent venir influencer la gestion des ESAT et des entreprises adaptées et donc provoquer des incompréhensions dans le fonctionnement de ces établissements. Une hypothèse de recherche serait également autour de l’importance du parcours professionnel du directeur de l’établissement et du parcours professionnel du moniteur.

Concernant l’importance du contexte historique de l’établissement dans la gestion de cet équilibre entre « insertion professionnelle et insertion sociale » deux axes peuvent se développer : un axe rural et un axe urbain. La démarche historique autour de la construction des ESAT est problématique, car, on a pu le montrer plus haut l’insertion et l’accompagnement en milieu professionnel ordinaire font parti des objectifs principaux de ces établissements.

Mais ces établissements sont souvent construits à la périphérie des villes, ou dans des villages isolés et parfois peu facilement accessibles. On peut se douter que cet éloignement aura des impacts en termes d’insertion sociale et d’inclusion professionnelle. Cette thématique est une piste qui sera reprise dans l’analyse des données.

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Jérôme Jouret


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