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Les trois thématiques de la semaine pour l'emploi des personnes handicapés (2020)

Les trois thématiques de la semaine pour l'emploi des personnes handicapés (2020)

Aujourd'hui, alors que la semaine pour l'emploi des personnes handicapées se termine le 22 novembre, j'ai trouvé intéressant de revenir sur les trois thèmes principaux de cette semaine. Tout d'abord, qu'est-ce que la semaine pour l'emploi des personnes handicapées ?

"Le temps d’une semaine, l’objectif est de faire se rencontrer entreprises, politiques, associations, société civile et bien entendu demandeurs d’emploi en situation de handicap.

La SEEPH est l’occasion de s’interroger sur les différents dispositifs mis en place pour faciliter l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. C’est un moment d’échange et de partage où l’on peut s’informer et sensibiliser sur le travail des personnes en situation de handicap. Comme pour les éditions précédentes, LADAPT, l’Agefiph et le FIPHFP sont co-organisateurs et proposeront plusieurs rendez-vous communs autour des thématiques suivantes : le numérique, l'école inclusive et le handicap invisible.

Mais la SEEPH, c’est aussi et surtout des actions concrètes pour faciliter le recrutement. Un peu partout en France seront organisés des événements pour favoriser la rencontre entre entreprises et demandeurs d’emploi : HandiMouv’Emploi, forums…"

Revenons sur ce qui est dit dans cette définition. Le travail réalisé autour de l'insertion professionnelle des personnes handicapées est l'objectif final de cette semaine, c'est un lieu d'échange entre entreprises et demandeurs d'emploi en situation de handicap. C'est également un lieu de sensibilisation néanmoins les trois thèmes proposés ne sont pas représentatifs des questions qui se posent dans le champ de l'insertion professionnelle des travailleurs handicapés.

 

LE NUMÉRIQUE : UN LEVIER POUR ACCÉLÉRER L’INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPÉES DANS L’EMPLOI :

Le numérique est un outil, un dispositif dont il faut apprendre à se servir, qu'il faut pouvoir maitriser et qui sera différents d'une personne à une autre. Si l'on parle de faciliter l'inclusion c'est également parler d'adaptation qu'importe l'outil et le dispositif ou l'outil utilisé.

Nous ne parlons plus ici d'inclusion, mais d'intégration et la nuance entre les deux notions est essentielle. l'inclusion doit s'adapter aux besoins de la personne alors que l'intégration nécessite une part active de la part de la personne en situation de handicap. L'outil numérique facilite l'intégration, mais si l'entreprise n'est pas prête à recevoir le futur travailleur handicapé, cet outil ne servira à rien.

D'ailleurs, comment peut-on vouloir accélérer l'inclusion via les outils numériques ? L'idée n'est pas d'accélérer l'inclusion, mais de réduire les démarches administratives, de faciliter l'accès aux entreprises. L'important est de repenser les rythmes de travail, d'adapter les postes, d'individualiser les prises en charge. L'insertion professionnelle des travailleurs handicapés n'est pas seulement un chiffre qu'il faut augmente.

Une des problématiques qui est souvent relevée dans le champ de l'insertion professionnelle des travailleurs handicapés est le manque de qualification, mais en réalité c'est seulement lorsque l'on tente de comparer les qualifications des travailleurs ordinaires et les qualifications des travailleurs handicapés que l'on se rend compte de la différence. Pourquoi ne pas parler plutôt de compétence acquise ? et en réalité la pression scolaire, la pression des formateurs et des formations est si dense qu'elle fait faire des choix impossibles aux travailleurs handicapées. Il existe de nombreux exemples de jeunes adolescents en situation de handicap qui ont passé avec énormément de difficultés leurs CAP, mais qui une fois arrivés dans le monde professionnel se rende compte qu'ils ne pourront jamais exercer correctement leur activité. 

Pousser les élèves à besoins éducatifs spécialisés à obtenir des diplômes afin d'augmenter le niveau de qualifications, n'est pas une solution en soi, tout est une question de concordance entre le projet de l'élève et la réalité de sa future insertion professionnelle.

Pourquoi accélérer si c'est pour favoriser des emplois précaires et une absence de maintien en emploi ? On ne peut décemment penser l'accélération que si les entreprises sont au fait et au clair avec la réduction du temps de travail, avec une amélioration des conditions de travail. Sinon, cela va favoriser les emplois précaires pour des publics qui sont déjà en difficulté pour trouver du travail.

 

L’ÉCOLE INCLUSIVE :

"Comment peut -elle préparer les jeunes enfants, dès leur toute première scolarisation, à devenir acteurs d'un changement de regard et de posture vis à vis du monde de l'emploi ? Quelles transitions avec le monde de l’emploi faut-il améliorer pour limiter les ruptures de parcours ? Alternance, emploi accompagné, coopérations des acteurs sur les territoires… Quels sont les leviers pour améliorer les transitions entre le temps de formation et le marché du travail ?"

L'école a effectivement un rôle de préparation des jeunes enfants en situation de handicap, mais tout en laissant une marge de manœuvre à l'enfant, tout en lui proposant des conditions de scolarisation optimales, tout en favorisation l'interaction entre le milieu médico-social, la famille et l'enseignement.

Mais si le rôle de l'école est de préparer l'enfant au monde de l'emploi, y parvient-elle ? Est-elle en mesurer d'accepter le changement, les remises en question, le partage d'information ? Favoriser la coopération des acteurs dans le réseau d'accompagnement des enfants en situation de handicap est la clé pour modifier les ruptures de parcours.

L'école ne prépare pas véritablement au monde de l'emploi, elle donne les bases de l'éducation et des connaissances nécessaires à l'obtention d'un diplôme, mais son rôle actuellement n'est pas celle de l'accompagnement vers le monde de l'emploi, parce que si c'était réellement le cas, on parlerait davantage de compétences que de connaissances. 

Le but n'est pas non plus de limiter les temps de formation afin d'accéder le plus vite possible au marché de l'emploi. L'objectif c'est de faire durer les formations jusqu'à ce qu'elles mènent au marché de l'emploi mais également que les formations permettent d'acquérir des compétences utiles au marché de l'emploi en lien avec le projet professionnel de la personne. En réalité, il ne devrait pas y avoir de transition entre formation et emploi, mais cela devrait être constamment perçu comme une continuité, comme une progression.

Il existe des structures de transition entre le milieu de la formation et le milieu professionnel, il existe les Cap Emploi notamment, mais la problématique qui se pose est la suivante : cela reste réservé à un certain type de population : les + de 50 ans.

 

LE HANDICAP INVISIBLE : MALADIE CHRONIQUE, MAINTIEN DANS L’EMPLOI, SECONDE PARTIE DE CARRIÈRE
- 80 % des handicaps ne se voient pas. En parler ou pas ?

Un élément me dérange dans cette formulation, pourquoi mettre en lien handicap invisible et le maintien de l'emploi ?

La question du maintien dans l'emploi concerne tous types de handicap, n'est-ce pas ?

Voilà également pourquoi j'en ai parlé auparavant : la question du maintien dans l'emploi pour les travailleurs handicapés est liée aux conditions de travail et au travail d'adaptation permanente de l'entreprise. L'OETH ( Obligation d'Emploi des Travailleurs Handicapés) est à double tranchant dans le cadre du maintient dans l'emploi, embaucher un travailleur handicapé est assez simple en soit, mais cela n'empêche pas le turn-over, cela n'empêche pas la précarité de l'emploi.

Car il n'existe pas d'Obligation de Maintient en Emploi des Travailleurs Handicapés (OMETH). L'arrivée dans l'entreprise pour un travailleur handicapée n'est pas un objectif en soit, même si très souvent, c'est associé comme tel. C'est davantage ce qui se passe après qui est intéressant et notamment les questions de progression dans le métier, d'augmentation. Le handicap invisible n'est pas en soit une problématique différente du handicap visible, à la seule différence que le travailleur handicapé a le choix de le dire ou de ne pas le dire.

 

La question du maintien en emploi concerne tous les salariés, qu'ils soient en situation de handicap ou non et c'est cela qu'il faut retenir.

 

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Jérôme Jouret


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